Zone de Texte:         Cristinacce: village Corse de moyenne montagne
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Période proto-historique.

Des gisements archéologiques datant de cette période ont été repérées à Paomia, Partinello, Curzo, Cristinacce, Chidezzo et Marignana. Au 2ème siècle après J.C. le géographe Ptolémé d'Alexandrie, dans sa description de la Corse mentionne que parmi les douze peuplades de l'Ile, les Kerouinois, établis dans la haute vallée du Porto, c'est à dire près de l'actuel Cristinacce. La période allant de la fin du Bas Empire Romain au 6ème siècle est caractérisée par la misère des populations de la région agravée par des exactions fiscales comme celles des officiers Bizantins dénonçées par le Pape Grégoire le Grand dans une lettre adressée en 595 à l'Impératrice Constantina. Ce même Pape note la fragilité de la christianisation dans cette région (relâchement des moeurs, retour aux cultes idolâtres). Un remise en ordre du diocèse de Sagone est confié par le Pape au visiteur apostolique Léon, évêque de Sagone en 591.

 

Période d'occupation Pisane 1077 - 1284.

Pour mettre fin aux guerres que se livrent continuellement les petits seigneurs locaux, le Pape Grégoire VII confie en 1077 à l'évêque de Pise et à ses succésseurs le soin de remettre de l'ordre dans l'Ile. La Corse vit alors l'une des périodes les plus calmes et heureuse de son histoire. Cette occupation Pisane se finie en 1284 Par la défaite de Pise contre Gênes à la bataille navale de Meloria. Gènes commence à s'installer en Corse. Une longue période de guerres et d'exactions commence.

 

Révoltes anti-seigneuriales de 1358.

Les paysans des communes Corses, excédés par les exactions des seigneurs se regroupent dans des mouvements communaux qui se développent dans toute la Corse. La première révolte éclate en 1358. Le Parti Populaire est crée. L'un de ses principaux chefs est François d'Evisa. Le Parti sollicite l'appui de Gênes. Le soulèvement populaire, avec l'appui de gênes détruit de nombreux châteaux, en particulier celui de la famille de Leca. Les nobles s'enfuient de Corse, mais reviennent l'année suivante. François d'Evisa est tué sur ordre du seigneur Cinarchese Ristoruccio da Leca. La Seigneurie de Leca recommence, donc, dès son retour à fromenter désordres et assassinats, aussi, en 1393 les membres du Parti Populaire demande à Gênes de la aider et ils détruisent de nouveau le château de Leca.

 

Au 15ème siècle: monté en puissance de la maison de Leca et prise en main de la Corse par les Génois

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cependant, le Parti Populaire sollicite à nouveau l'intervention de Gênes contre les de Leca. Mais Gênes est à cour d'argent et cède ses droits à la Banque Génoise Saint-Georges encore appelée Office de Saint Georges. En 1454, les seigneurs de Leca prêtent serment à l'Office mais lui font immédiatement la guerre, qui dure six années entre 1454 et 1460. Finalement vainqueur en 1460, l'Office de Saint-Georges ordonne le dépeuplement des pièves de Sia et de Sevendentro (dont Cristinacce fait partie), réputés être partisans des seigneurs rebels. Le dépeuplement consiste à bruler les récoltes et les villages et à en chasser les habitants.

De 1464 à 1478: domination Milanaise, introduite par l'Office de Saint Georges. Pendant cette période, le petit fils de Rinuccio: Giovan Paolo de Leca affirme son pouvoir. En 1478 il fait allégeance à l'Office de Saint Georges et réorganise la région.. Un document daté de 1485 témoigne de cette réorganisation du canton après ces années de troubles. Quatre Pièves et dix sept villae sont mentionnés. Cinq d'entre elles: Campo, La Piana, Rimolaccia, Vistale et Revinda appartiennent à la piève de Salogna. Cinq autres: Lo Poggiolo, La valle, lo Tasso et Cristinacce appartiennent à la piève de Sevendentro.

En 1481, Giovan Paolo de Leca fonde le couvent de Vico, dédié à Saint François.

En 1486, Giovan Paolo de Leca se révolte contre l'Office de Saint Georges mais il est défait en 1487 et s'exile en Sardaigne. L'autorité de l'Office s'installe alors sur les quatre pièves. De retour de Sardaigne en 1488, Giovan Paolo combat les troupes Génoises. Il est défait en 1489, il regagne la Sardaigne et meure à Rome en 1515.

Dès 1489, une répression sévère est organisée par la l'Office de Saint Georges: dépeuplement des pièves de Sia, destruction des cultures moissons, maisons. C'est une politique de désertification du territoire. Les communautés de Sia se réfugient en Balagne. Autorisation de revenir leur est donnée en 1516 après la mort de Giovan Paolo de Leca. Il peuvent se réinstaller à Curzo, Penito, Astica et Ota s'ils s'engagent à de pas se marier avec des Niolins réputés être des rebelles congénitaux.

Au 16ème siècle: le péril Barbaresque.

A cette époque le piève de Sevendentro comprenait les villages de: Arragio, Evisa, Cristinacce, Tasso, Marignana et Chidazzo. Des pirates Barbaresques venant d'Algérie et de Turquie abordent régulièrement les côtes Corses pour piller, massacrer et emmener des villages entiers en esclavage.

1532: attaque de Paomia; 1540 Salogna et Sia; 1550 pillage d'Evisa en avec prise de 80 personnes en esclavage ( la moitié du village), 1564 pillage des villages de Chidazzo et de Marignana.

1562 : la banque Saint Georges rétrocède la Corse à Gênes.

Une conséquence importante de ces incursions Barbaresques est l'abandon des basses terres, trop exposés aux pillages répétés.

Face à ce danger permanent, les Génois font édifier au frais des communes rurales, des forts et fortins le long de la côte Corse.

Au 17ème siècle: retour progressif à la stabilité. repeuplement des basses terres, développement des habitations et terres communales de Cristinacce, Tasso, Evisa, Marignana et Chidazzo,avec plantation de vergers, vignes, châtaigniers, figuiers amandiers, au dépend des terres de libre parcours des troupeaux. les communes élisent leurs officiers, podestats et pères du commun, se réunissent en assemblée pour décider des affaires communes.

En 1676, Paomia est repeuplé par 600 Maïnotes grecs fuyant le joug Ottoman. Il plantent des oliviers, font de l'huile et du blé.

Au 18ème siècle: troubles révolutionnaires. Des guerres d'indépendance éclatent entre 1729 et 1769. Elles sont issues du souvenir toujours vivace des révoltes anti-seigneuriales du 14ème siècle et des mouvements communaux. Mais ces "Révolutions" font naître de violents conflits au sein même des communautés rurales entre partisants et adversaires de ces guerres d'indépendance.

En 1730, lors d'émeutes paysannes, les Vicolais chassent les Maînotes de Paomia:, sous prétexte que ces terres appartiennait à leurs ancêtres et dévastent complètement la région. Les familles Maïnotes partent à pied pour Ajaccio où ils demandent la protection de l'évêque. Ils ne reviendront dans la région qu'en 1773 après la construction d'un ville nouvelle: Cargèse.

1768 Gênes vend la Corse à la Françe.

1773: Fondation de la ville de Cargèse. Elle est destinée à la colonie Grec Mainote réfugiée à Ajaccio depuis 1731. La ville est édifiée sur des terres rachetées au notable F. A. Leca-Colona de Vico.

En 1778, le Roi de France concède en fief perpétuel au comte de Marbeuf, commandant en chef de la Corse les terres domaniales de Paomia, Revinda et Salogna, ainsi que ses droits sur Cargèse, alors formé de 112 maisons. Marbeuf fait ériger au sud-ouest de Cargèse, un chateau et des communs ouvrant sur un parc, véritable laboratoire botanique par la diversité de ses plantations.

En 1789, des populations du vicolais attaquent Cargèse, détruisent le chateau, dévastent les terres du marquisat dont elles se disaient spoliées.

Au 19ème siècle: expansion démographique. Des populations agro-pastorales se sédentarisent à Curzo, Girolata, Osani, Partinello, Serriera. La Monarchie de Juillet impose la création de chemins vicinaux.

Le second Empire contribue activement au développement économique de la région: percement de la route forestière Aitone-Porto et de la route Impériale Ajaccio - Calvi.

1850 - 1865: Partage des biens communaux et redéfinition des limites des communes. A Cristinacce, ce partage s'est effectué en 1858 par tirage au sort entre les 126 familles de la commune.

En 1862, le hammeau de Revinda est détaché de Cristinacce et rattaché à la commune de Marignana.

Au 20ème siècle. Extension littorale de l'habitat au dépens de l'arrière pays. Après une période d'expansion économique et démographique jusqu'en 1914, le canton des Deux Sevi subit les conséquences de la grande guerre et de la crise économique mondiale de 1929 (voir causes du déclin). Les Corses de l'intérieur fuient devant des conditions de vie devenues difficiles et s'expatrient vers le continent et les colonies. Les jeunes gens sans instruction s'engagent dans l'armée, ceux qui ont faits des étude, trouvent du travail sur le continent. Les communes du littorale ont plus de chance: vignobles et vergers restent une source de revenus grâce au développement du tourisme. Peu à peu, l'habitat Corse se concentre sur le littorale.

Vers la fin du 20ème siècle, on assiste à une renaissance des mouvements d'indépendance, héritiers des révoltes du 14ème siècle et des guerres d'indépendance communales du 18ème siècle. Est-ce le début d'une nouvelle période de troubles comme les Corses en ont connus pendant près de 400 ans ? Que recouvre encore le mot « indépendance » dans le contexte Européen du 21ème siècle? Les actions des indépendantistes sont-elles compatible avec le développement d'une industrie touristique ? L’indépendance de la Corse mettrait-elle un terme à la désertification des villages? Les habitants des villes et villages s'interrogent et restent divisés sur les réponses.

 

 

 

A partir de 1412, Rinuccio da Leca (1378-1445) , seigneur feudataire petit fils de Ristoruccio, fait construire à Ota une forteresse, terminée en 1414: le Castellu di Rocche di Sia. A cette date il se prend de querelles avec le Comte de Corse: Vicentello d'Istria, lui fait la guerre et la perd. Emprisonné en 1426, Rinuccio s'enfuit et s'allie aux Gènois. En 1430 il récupère le chateau de Leca et règne sur le Viccolais (canton des deux Sevi). Il prête serment à Gênes en 1440 et règne sur tout le nord de l'Ile. Il est tué en 1445 au siège de Biguglia.

Les fils et cousins de Rinuccio de Leca continuent l'héritage sanglant de celui-ci. Ils combattent victorieusement les troupes envoyées par le Pape entre 1445 et 1447. Après leur défaites les troupes Papales quitent l'Ile.