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Débat sur l'Ecole Secrétaire de séance : |
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Ce débat regroupa parents et personnels du lycée, administratifs
et professeurs.
Les premières interventions furent d'ordre général :
=> Parent : les échanges parents/professeurs sont enrichissants, c'est dommage
qu'il n'y en ait pas plus souvent.
=>Autre parent : En temps que mère de 3 enfants, on m'a proposé 3 réunions
à la même date…
Puis les 3 questions sélectionnées dans la liste d'enquête
ministérielle furent successivement abordées :
- Question n°2 = Quelles doivent-être les missions de
l'école, à l'heure de l'Europe et pour les décennies
à venir ?
- Question n°17 = Comment améliorer la qualité
de vie des élèves à l'école ?
- Question n°22 = Comment former, recruter, évaluer
les enseignants et mieux organiser les carrières ?
Question n°2 = Quelles doivent-être les missions
de l'école, à l'heure de l'Europe et pour les décennies
à venir ?
- Valoriser les métiers différents : être artisan sans le bac ne
devrait pas être dévalorisant, certains ont de l'or dans les mains et sont cependant
méprisés. Le jeune devrait se reconnaître comme individu valable dés lors qu'il
sait réaliser ce qu'il a choisi de faire quel que soit son choix de formation.
Pourtant c'est un fait de société : on éprouve le besoin d'être valorisé par
un diplôme.
- Changer les mentalités vis à vis de l'Europe : la pratique des langues
vivantes, les échanges européens ne sont pas valorisés, beaucoup d'étudiants
étrangers viennent en France, peu de français vont étudier à l'étranger. Le
nombrilisme français doit disparaître : actuellement les Français sont trop
fiers de leur culture, nous préférons recevoir pour se faire valoir, plutôt
que se déplacer pour découvrir comment vivent les autres ! Exemple : au cours
d'un entretien d'embauche un jeune est félicité pour la solidité de son bagage
scientifique mais est critiqué pour avoir réalisé son post-doctorat en Italie…
Tous les diplômes européens de même durée d'étude dans les mêmes secteurs devraient
être équivalents.
- Prévoir l'étude des différentes cultures européennes : leur comparaison
permet de prendre conscience des valeurs différentes sans les hiérarchiser.
La peur de l'autre disparaîtra puisque seul l'inconnu effraie. Il est important
de connaître ces cultures, l'étude de la langue vivante associée n'est pas indispensable
dit l'un, la langue est le reflet de la culture d'un pays et sa connaissance
est nécessaire pour comprendre son mode de pensée répond une autre. Pour un
immigré, utiliser sa langue d'origine à la maternelle devrait lui permettre
de s'identifier ce qui pourrait casser la violence née d'une découverte trop
tardive, ressentie comme une tromperie. Le bac européen est bien mais pas suffisant
: les différentes cultures n'y sont pas assez développées.
- Favoriser les échanges culturels européens : la découverte de la différence
est enrichissante et motive pour l'apprentissage d'une autre langue vivante.
Les voyages culturels sont à multiplier mais pas avec des portions de classe
sur temps scolaire. Les élèves doivent récupérer les cours en rentrant alors
que l'emploi du temps hebdomadaire est déjà bien lourd. Ne pourrait-on pas prévoir
le séjour à l'étranger au mois de juin pour les secondes qui n'ont plus cours
?
- Rendre l'étude des langues vivantes efficace en France : actuellement
réussissent ceux dont les parents envoient leurs enfants en stage à l'étranger.
L'étude des langues est trop morcelée dans la semaine. Il pourrait être intéressant
de consacrer une semaine pleine à une langue au sein du lycée, avec de petits
effectifs pouvant dialoguer, plutôt qu'un voyage d'une semaine où les élèves
parlent français entre eux en faisant du tourisme. Ainsi d'autres que ceux ayant
fait des séjours pourraient prendre la parole. On devrait plus travailler les
dialogues, moins les textes littéraires. L'enseignement des langues en primaire
n'est pas efficace, les instituteurs n'ont pas été formés pour ça, il faut des
spécialistes devant de petits effectifs.
- La pratique de l'oral est indispensable en langue : il faut remettre
une épreuve orale au bac pour toutes les langues, dans toutes les séries. Il
faut multiplier les cours en faible effectif. - Ne pas privilégier l'anglais
: une 2ième langue, quelle qu'elle soit, permet la communication, la compréhension.
Actuellement, l'embauche en milieu professionnel est favorisée par la pratique
de l'anglais. Or en cas d'échange commercial, le collaborateur sélectionné est
souvent celui qui connaît quelques mots dans la langue du pays d'intervention
ce qui lui permet de créer un climat d'entente, d'intérêt, d'ouverture vers
les autres.
- Préparer les jeunes à la vie d'adulte : avec un développement respectant
les 3 axes : développement personnel, social, professionnel, avec des apports
favorisant la qualité de la vie, le plaisir d'apprendre.
- Rendre les jeunes autonomes : actuellement, on observe souvent un comportement
de mouton de Panurge : les choix d'option suivent les modes. Les élèves ont
peur de faire des activités différentes, peur de l'échec, peur de disperser
ses forces par rapport à l'échéance du Bac… Il est important de poursuivre les
travaux favorisant le travail de groupe et l'autonomie si utiles en secteur
professionnel. Les TPE doivent être poursuivis au lycée, surtout les TPE européens,
on pourrait même les étendre au collège.
- Donner plus d'autonomie au professeur : les programmes officiels sont
lourds, il faut se dépêcher heure après heure pour réussir à tout faire tenir
dans l'année. En terminale, il est souvent nécessaire de faire des heures bénévoles
pour finir le programme officiel. Ce programme devrait être allégé pour laisser
le temps de répondre aux questions des élèves, de développer les points qui
les motivent, points différents selon les classes. Il est moins important de
connaître les dates de la guerre que de savoir pourquoi on s'est tapé dessus.
- Travailler en partenariat avec les parents : Le manque de motivation
des élèves est constaté par les professeurs qui essayent d'innover en sortant
de leurs classes ou de la technique de base papier/crayon, par l'association
d'élèves qui a voulu prendre le relais en proposant un jumelage avec Crevillente
(petite ville du sud-est espagnol) et n'a attiré que 3 élèves sur 840 ; alors,
parents, à vous de jouer.
- Prévoir un intermédiaire : si professeur et parent perdent contact,
l'enfant doit pouvoir nouer une conversation avec une tierce personne. Le suicide
représente en pourcentage la 2ième cause de mortalité chez les jeunes.
Question n°17 = Comment améliorer la qualité
de vie des élèves à l'école ?
- Augmenter la sécurité : les vieux établissements sont souvent peu
adaptés à leur jeune public, avec plusieurs étages et des fenêtres et cages
d'escaliers mal protégés. Il n'y a pas de risque zéro et l'enseignant ne doit
pas être tenu responsable s'il n'a pas fait d'erreur. Les nouveaux bâtiments
sont mieux conçus, les autres sont progressivement rénovés en fonctions des
budgets.
- Créer des classes agréables à vivre : L'architecte devrait toujours
concevoir ces locaux en connaissance de cause. Des classes sécurisées, lumineuses,
bien insonorisées, créent un environnement stimulant. Un lieu de repos, une
salle conviviale pour le midi est aussi nécessaire.
- Développer un climat de calme en classe : un climat de détente est
nécessaire pour une bonne écoute. Le professeur doit disposer des moyens nécessaires
pour se faire écouter. La gestion d'une classe oblige celui-ci à maintenir une
certaine discipline. Certains parents surprotègent leur enfant ce qui diminue
les chances de réussite de cet enfant et de sa classe : ils viennent râler le
lendemain si leur chéri s'est fait gronder…
- Assouplir les règles de passage : Chacun a un rythme propre d'acquisition
des savoirs et savoir-faire. Si le professeur a la possibilité de le respecter,
la progression reste possible. Devoir pousser toute une classe hétérogène à
la même cadence entraîne l'ennui pour les rapides, l'échec pour les plus lents.
Pourquoi dévaloriser celui qui doit prendre son temps et bloquer celui qui pourrait
sauter des classes ?
- Alléger les rythmes scolaires : les journées sont trop longues. Est-il
vraiment nécessaire de gaver les jeunes de connaissances oubliées dés le contrôle
passé ? Actuellement professeurs et élèves courent après le temps qui fuit,
cette bousculade n'est pas propice aux études. Des recherches ont été faites
mais les résultats ne sont pas utilisés : à quand les journées de 6heures ou
le rythme 7 semaines de 4 jours / 2 semaines de vacances ?
- Rendre les évaluations positives : dés la maternelle les commentaires
sont plus souvent négatifs que positifs et l'évaluation est ressentie comme
une sanction. Pour qu'un enfant devienne un adulte responsable, il doit être
encouragé à progresser, trouver du plaisir à se développer. Les évaluations
sont trop tournées vers un esprit de compétition, l'heure d'EPS devrait servir
de défouloir plutôt que servir à vaincre l'autre. Certains parents ne sont pas
raisonnables à vouloir pousser leur enfant, à le transformer en ce qu'ils auraient
voulu être.
- S'appuyer sur leur éducation : Pour relativiser les risques, pour que
le professeur puisse enseigner, il devrait pouvoir s'appuyer sur l'éducation
donnée par les parents. Comme l'un d'eux le dit : "mon enfant n'irait pas
se balancer sur le rebord d'une fenêtre, ni à la maison, ni en classe !"
- Faire participer les parents : même dans les quartiers difficiles,
les parents, parfois analphabètes, désirent aider à faire progresser leur enfant.
Quand les parents demandent que faire, ils ont rarement des réponses précises.
Le soutien scolaire est utile, mais pourrait être plus performant en lien
avec la vie familiale. Il faut faire tomber les barrières entre éducation et
enseignement puisque les 2 concourent à améliorer les performances de
l'enfant. Dans le cas de la dyslexie, les parents
sont désarmés car l'aide n'est pas organisé et de rendez-vous en tests, les
soins commencent parfois après une année de galère.
- Apporter de la considération aux élèves : On se sent bien si on se
sent à sa place, accepté en tant que personnalité. L'acquisition de l'autonomie
passe aussi par un transfert contrôlé de responsabilités : ouvrir soi-même la
fenêtre ou le plafonnier si besoin est, transporter un microscope d'un point
à un autre... Cette responsabilisation des élèves est souvent rendue impossible
par des problèmes de sécurité : il peut tomber en transportant ce microscope
! On doit juger la progression intellectuelle d'un élève, mais pas sa personnalité.
- Adapter l'enseignement à l'élève : Pour beaucoup d'enfants, la méthode
globale ou semi-globale a été une catastrophe. Le problème n'est pas l'utilisation
d'une méthode ou d'une autre mais l'obligation d'utiliser la même méthode pour
tous. Il existe de nombreuses façons de d'appréhender son environnement, de
comprendre de nouvelles données : l'enseignement doit être adapté aux besoins
de chacun. Puisque les classes sont constituées d'élèves aux capacités différentes,
l'enseignement doit enchaîner les différentes formes de présentation comme l'explique
la gestion mentale. Trop de jeunes sont déçus par
l'option choisie alors que ce n'est parfois qu'une question de présentation.
- Prévoir un intermédiaire : si professeur et parent perdent contact,
l'enfant doit pouvoir trouver une aide adaptée à son mode de fonctionnement,
à son établissement ou son quartier.
- Réveiller les motivations : l'école ne doit pas se résumer à une somme
de devoirs. Apprendre est tellement plus facile quand on y trouve du plaisir.
Les jeux pédagogiques sont nombreux
car ils ont leur raison d'être. Un milieu stimulant, c'est aussi un endroit
où l'enfant trouve ses repères, reçoit mais aussi choisit ses options, son avenir.
Avec moins de matières imposées et plus de choix personnels, le plaisir d'apprendre
serait retrouvé. Par exemple, le théâtre est une activité collective très motivante.
Question n°22 = Comment former, recruter, évaluer
les enseignants et mieux organiser les carrières ?
- La pédagogie : on ne devrait jamais voir un futur prof sur le terrain
avant sa formation comme cela arrive aux jeunes, licence en poche, qui sont
sur liste d'attente pour entrer à l'IUFM après avoir passé le concours. C'est
bien d'avoir beaucoup de connaissances, mais encore faut-il savoir les faire
passer. Les élèves ont besoin de s'impliquer, les profs aussi.
- Le suivi : en entreprise, une des formations de base propose "Comment
travailler ensemble". Un suivi et un soutien adapté sont exercés par un psychologue
ayant reçu une formation adaptée. Les professeurs devraient bénéficier du même
genre d'assistance. Un groupe est d'autant plus difficile à gérer que les élèves
sont nombreux dans la classe. Désillusions et déprimes touchent trop souvent
l'enseignant l'empêchant d'être efficace. A la question "Quel est le rôle de
l'inspecteur ?", Monsieur Michalak n'a pas répondu, préférant se cantonner dans
son rôle d'animateur du débat.
- L'expérience : dans les lycées français à l'étranger, les élèves sont
d'un milieu aisé et d'un abord agréable, et ce sont toujours les mêmes professeurs
qui y sont ! Dans les établissements difficiles, les places sont libérées au
fur et à mesure des demandes de mutation des anciens ayant "déjà donné". Les
jeunes sont nommés à leur premier poste dans des circonstances souvent
difficiles. Ils pourraient être nommés en premier dans des remplacements. Mais
ce n'est pas le paradis non plus car les élèves ne reconnaissent pas l'autorité
d'un simple remplaçant. Ne pourrait-on alors motiver d'une façon ou d'une autre
les professeurs expérimentés pour qu'ils continuent à enseigner là où on a le
plus besoin d'eux ? Ou bien doit-on envisager un enseignement par des éducateurs
spécialisés ?
- L'effet de groupe : les élèves se sentent forts ensemble contre le
professeur tout seul. Une équipe de 2 ou 3 professeurs serait plus efficace,
même au sein d'une classe plus nombreuse. C'est ce qui se fait dans les clubs
sportifs et l'efficacité croit quand les moniteurs font équipe. Le professeur
doit pouvoir enseigner dans le calme, c'était évident dans le passé, pourquoi
ne l'est-ce plus ?
- L'ouverture vers l'Europe : enseigner un an ou 2 à l'étranger puis
revenir faire part de son vécu pourrait être motivant pour le professeur comme
pour les élèves. Ce serait possible uniquement en tant que célibataire, ou avec
un double poste. Il y a aussi les problèmes du salaire très différent d'un pays
à l'autre, des diplômes non reconnus, de la couverture juridique et sociale...
- L'importance relative des diplômes : en cas de besoin, on devrait pouvoir
embaucher la personne qui a les capacités, la disponibilité nécessaire, même
si elle n'a pas le diplôme.
- L'évolution de la carrière : Un parent estime qu'un parcours plus diversifié
pourrait être formateur et motivant. N'y a-t-il pas un certain immobilisme à
rester toute sa carrière au sein du même établissement ? Un professeur répond
qu'il n'est pas rare d'être baladé d'établissement en établissement en début
de carrière ou d'être nommé dans 2 établissements simultanément. De plus, même
si nous restons dans un même poste année après année, il n'y a pas immobilisme
car les classes et les niveaux sont différents donc la pédagogie et les notions
aussi, quand ce ne sont pas les programmes qui changent. Beaucoup de professeurs
aiment leur métier malgré les difficultés et n'ont pas envi de changer.
La dernière intervention du débat a été d'un professeur pour exprimer de l'admiration pour les professeurs qui réalisent leur difficile métier de tout leur cœur.
Monsieur Michalak a remercié les personnes présentes pour la qualité de leur écoute, quel que soit le parent, le professeur ou l'élève ayant successivement pris la parole, attitude positive ayant rendu le débat convivial.