Les difficultés que rencontre
un enfant dyslexique

dans son environnement scolaire,
en classe ou à la maison.
Comment l’aider ?

Communiqué d'Edith Conte institutrice spécialisée d' Aix-en-Provence

(résumé par J.Mirabaud)

I : Le diagnostic :

1) il est dévalorisé, manque de confiance en soi et se mésestime.

- Il a besoin de sentir le soutien, l'encouragement, la présence réconfortante de l'adulte dans une relation juste avec lui. Les appréciations dites et écrites sous formes de messages personnels sont très importantes. Sinon, il se noie dans le groupe, s'y perd en cherchant à s'y conformer et perd le contact. De même, il a besoin du contact visuel avec l'enseignant. Sa place dans l'espace géographique de la classe est facteur de concentration ou de dispersion.
- Il importe de favoriser les enquêtes, les exposés, les recherches sur des sujets qui lui tiennent à cœur, qui lui permettent d'explorer un projet professionnel ou de loisirs.

2) il a du mal à s’organiser.
- Il a besoin de méthode, de plans de travail, de constructions en tableaux, en fiches.
- Il se perd dans le temps et dans l'espace, que se soit celui de son cartable comme celui de son école. Il est donc nécessaire de lui donner et lui apprendre à se donner des repères visuels, auditifs, tactiles, ainsi que les repères d'orientation. Ne pas craindre les affichages d'emploi du temps, les accrochages de calendriers sur lesquels on peut écrire, l'habitude de se servir de son cahier de textes comme d'un agenda pour tout noter : aussi bien de rajouter des cartouches d'encre dans sa trousse que les devoirs à rendre pour le cours suivant, que son rendez-vous à la piscine.
- Pour retrouver facilement ses livres et cahiers, couvrir ceux qui concernent la même matière de la même couleur ou bien les ranger ensemble dans une pochette de couleur. Ensuite faire un tableau des couleurs et des matières correspondantes et l'afficher au dessus de son bureau.
- Organiser des jeux de pistes avec billets codés pour une recherche de " trésor"
- Établir un projet avec lui et en explorer les conditions de réalisation.
- Étudier l'arbre généalogique de la famille, en famille.
- Jouer aux devinettes " spatiales " : même jeu que " chaud-froid ", mais au lieu de cela on dit à droite, à gauche, tout droit, recule. L'intérêt étant bien sûr de trouver quelque chose et aussi d'inverser les rôles.

3) il est gêné par le bruit parce qu'il écoute tout et sélectionne difficilement.
Il a besoin de calme pour se concentrer et craint l'agitation, l'excitation, la musique ou la T.V. quand il travaille.

4) il écrit avec difficulté et a du mal à prendre des notes et à recopier
Pour cela il a besoin qu'une information soit systématiquement donnée sous ses deux formes visuelles et auditives. On peut favoriser le tutorat, le travail d'équipe en planifiant la participation de chacun.
Encourager l'entraide et les outils facilitateurs chaque fois que l'objectif du travail n'est pas en contradiction avec leur usage : correcteur d'orthographe, ordinateur, calculette, tables de multiplications, d'additions, de conjugaison, dictionnaires... ainsi que tout autre cahier d'aide-mémoire qu'on aura pu construire.
De même l'usage des stabilo, surligneurs, abréviations et codes graphiques usuels sont utiles pour soulager la prise de notes et limiter l'inefficacité engendrée par trop de difficultés à résoudre dans un temps record.

5) il a besoin de temps, de plus de temps qu'un autre
Il faut le lui donner ou réduire la tâche. Mieux vaut peu et bien.

6) il mérite d'être noté pour son travail comme un autre.
L'évaluation des progrès et des réussites de même que celle des erreurs est indispensable pour se situer, par rapport à soi-même et par rapport au groupe-classe. Il est possible de faire une double notation et une courbe de notes.

7) il est défavorisé à l'écrit
P
ourquoi ne pas envisager une évaluation des connaissances par questions orales, ou bien par QCM.

8) il est lent.
C'est se donner le temps de faire et d'expliquer, de commenter, de justifier, de confronter, de comprendre par quelles stratégies on est passé et pourquoi on a choisi certaines procédures plutôt que d'autres." Attends, je réfléchis ". Pour l'adulte comme pour l'enfant-adolescent dyslexique c'est le moment privilégié de l'accompagnement.

 

II : Les possibilités de remédiation :

Quelques procédés pédagogiques avec des enfants- adolescents dyslexiques dans le champ de la lecture-écriture
" Il y a actuellement consensus sur le fait que les capacités métaphonologiques jouent un rôle nécessaire quoique non suffisant pour ce qui est de l'acquisition de la lecture dans les langues à écritures alphabétiques " ( A. Khomsi ).
En pédagogie, notre objectif est de permettre à un sujet de continuer à apprendre donc à comprendre, à penser et à conquérir son autonomie. Les outils proposés ont pour objectif de renforcer les capacités d'analyse segmentale ou de conscience phonologique, mais peut-être ne font-ils que renforcer des procédures compensatoires de traitement de l'information.

Néanmoins leur efficacité tient :
a)
à leur utilisation fréquente, quotidienne et variée dans leur présentation
b)
à leur aspect ludique, inventif, imaginaire, poétique , musical, rythmique
c)
au plaisir qui y est lié

Exercices impliquant la discrimination sonore sans énoncé de mots par l'adulte.
a)
par transformation orale ou écrite selon le niveau de l'élève : que devient le mot " bouche " si on change la première lettre ?
b)
par omission : que devient le mot "page" si on enlève la première lettre, ou la nième ?

Construire un texte
Activités et supports :
- Les supports de l’écrit familiers à l’enfant : albums de littérature, comptines, recueils de chants, de poésie, albums, livres de cuisine, de jeux, affiches, journaux…
- La syntaxe : jeux littéraires, transformations, productions à la manière de…
- Le lexique : mots autours d’un thème, contexte de mots, mots outils, conjonctions de coordination.

Objectifs généraux
- L’enfant s’approprie les règles qui permettent de situer l’espace de la page les mots ou les signes qu’il écrit.
- Il doit apprendre que la page comporte des zones électives où s’installe le texte, que les éléments graphiques doivent être alignés selon certaines régularités, que les blocs de textes repérables sur la page correspondent à des groupements de sens, que les espacements ou les rapprochements de ces groupes peuvent être porteurs de sens.
- S’initier au monde de l’écrit. Apprendre à identifier et à utiliser les éléments fonctionnels.
- Découper des énoncés en mots, segmenter le langage oral.
- Observer la liaison entre le geste graphique et l’énoncé du langage écrit.

Objectifs opérationnels
- Manipuler le langage oral à travers des jeux phonologiques variés.
- Observer, imiter les codes graphiques.
- Assurer une imprégnation par des textes écrits.
- Exercer la compréhension et la production dans des situations de communication variées.
- Prendre conscience des relations entre l’oral et l’écrit (sachant que pour le jeune enfant le mot n’a pas d’existence propre puisque l’oral est segmenté par l’accentuation en groupes prosodiques plus larges).
- Isoler les mots d’une phrase simple.
- Être capable d’isoler à l’oreille et à l’écrit des éléments simples composant un mot (syllabes, phonèmes).
- Les décomposer puis les recomposer
.