Retour vers :

Ts, partie 1 :
Approche du temps en Biologie et Géologie :

Durée de vie de quelques déchets

(source : ADEME)
Retour vers :
Quelques déchets et
leur durée de vie
papier de toilette, mouchoir en papier
3 à 6 semaines
journeaux
6 à 12 semaines
trognon de pomme, peau de banane, ticket de bus ou métro, boite en carton, gant ou chaussette de laine
6 à 12 mois
corde de coton ou de lin, papier photo, papier de bonbon, allumette
7 à 14 mois
planche de bois aggloméré, couche biodégradable
1,5 à 3 ans
filtre de cigarette
2,5 à 5 ans
chewing gum
5 ans
huile de vidange
5 à 10 ans
planche de bois massif
13 à 15 ans
boîte de conserve ou bombe aérosol en aluminium
100 à 200 ans
boîte de conserve en fer
200 à 400 ans
bouteille ou sac en plastique, briquet jetable, couche jetable
500 à 1 000 ans
fil et filet de pêche en nylon
600 ans
pneu, forfait de ski
500 à 1 000 ans
carte téléphonique, récipient en polystyrène
1 000 ans
bouteille en verre
4 000 ans minimum
piles au mercure ou cadmium
5 000 ans minimum
plutonium (déchets de centrales nucléaires)
24 000 ans

Quelques infos sur les déchets des centrales nucléaires (par Blandine LAURENTY)

Classification retenue par l'ANDRA (Agence Nationale de gestion des Déchets Radioactifs) :
origine : - médicales (radio-thérapie pour les cancers, sources pour les rayons X des radios, sources pour les scanners, mammographie, tomographie, traceurs dans le corps humains pour identifier la présence de tumeurs ou autres ...)
- industrielle (stérilisation de matériel médical comme les prothèses par irradiation, stérilisation d'aliments ...)
- recherche (traceurs radioactifs pour étudier le devenir d'une molécule dans un mélange ou un organisme, études de traitements thérapeutiques, recherches liées au nucléaire ...)
- Défense nationale
- électronucléaire (c'est à dire tout ce qui est lié à la production d'électricité par les centrales nucléaires), responsable de 65% (en volume) de la production de déchets toutes catégories, et 44% de déchets à vie longue.
activité : - très faible activité (TFA)
- faible activité (FA)
- moyenne activité (MA)
- haute activité (HA).
durée de vie (période de temps au bout duquel sa radioactivité est divisée par deux) : - très courte durée de vie (<100 jours) qui sont gérés par décroissance radioactive (i.e. on les stocke jusqu'à ce qu'ils se soient transformés en éléments stables qui ne posent plus de risque radioactif)
- courte durée de vie (<30 ans) (VC)
- longue durée de vie (> 30 ans) (VL).
mode de stockage - les TFA VC et VL stockés en surface, intégrés dans des filières de recyclage existantes
- les FA VC et MA VC stockés en surface dans le Centre de Stockage de l'Aube - communément appelé CSA
- les FA VL stockés en subsurface (à l'étude)
- les MA VL et HA (VL + VC) sont objet de débat dans le cadre de la loi Bataille du 30/12/91 qui donnait une échéance à 15 ans pour qu'une solution leur soit apportée.

Intéressons nous aux déchets de l'électronucléaire :
En sus des déchets faible et moyenne activités qui proviennent de la 'vie quotidienne' des centrales, et de leur démantèlement, 1150 tonnes de combustible usés sortent tous les ans des centrales nucléaires.
Ces combustibles correspondent aux pastilles d'uranium qui ont été irradiées en réacteur pour produire de l'énergie. Lors de cette irradiation, des réactions de fission ont lieu (certains noyaux d'uranium se cassent en plusieurs morceaux): elles dégagent de la chaleur, qui chauffe l'eau du réacteur. Cette eau chauffée et sous pression va échanger sa chaleur avec un circuit indépendant dans lequel de la vapeur sera produite: cette vapeur n'est pas radioactive puisqu'à aucun moment elle n'est en contact avec les matériaux radioactifs enfermés dans le combustible. Cette vapeur fait, comme dans une centrale à charbon ou à gaz, tourner des turbines qui fabriquent de l'électricité.
Un point important est que lors de l'irradiation, les noyaux d'uranium changent de nature: on crée d'autres atomes dans le réacteur, certains d'entre eux (comme le plutonium) n'étant pas des éléments 'naturels'. Un peu comme, quand on brûle du bois, on ne fait pas seulement disparaitre du bois - on crée aussi des cendres.
Une fois utilisées, ces pastilles de combustibles (qui sont empilées dans de longs 'crayons' enfermés dans des gaines d'un matériau appelé zirconium ou zircalloy) sont enlevés du réacteur. Elles contiennent des déchets radioactifs (produits de fission, et actinides mineurs. Les produits de fission correspondent aux 'bouts d'uranium cassés': vous avez peut être déjà entendu parler du Césium137, de l'iode129, du strontium90.... . Les actinides mineurs sont produits par l'absorption de neutrons dans certains atomes d'uranium: vous connaissez peut être le Curium244, le Neptunium237, l'Américium241...), et des matières dites valorisables (les restes de l'uranium qui n'a pas été 'brûlé' lors de l'irradiation, ainsi que du plutonium, qui est créé dans le réacteur à partir de certains noyaux d'uranium qui absorbent un neutron ou plus).
96% du combustible nucléaire usagé correspond à cette deuxième catégorie de matière dite valorisable (uranium et plutonium), qui peuvent être utilisées de nouveau (une fois purifiées des 4% restants par le processus de retraitement qui en France est mené par COGEMA sur le site de La Hague) dans les réacteurs.
Les 4% restants sont responsables de l'essentiel (plus de 99.9% d'après le dossier EdF-Areva-CEA sus-cité) de la radioactivité du combustible usagé. Ils sont séparés, puis coulés dans du verre sous forme de colis, entreposés aujourd'hui sur le site de la Hague. C'est le devenir de ces colis (entre autres) qui est au centre du débat de cet automne. Aujourd'hui, produits de fission et actinides mineurs sont traités de la même façon. Cependant, des études aux résulats très positifs ont été faites par le CEA pour montrer que leur séparation est possible. On pourrait ensuite transmuter (voir le petit dossier du CEA sur ce site) les actinides et les transformer en produits de fission ou en éléments stables, ce qui réduirait l'inventaire des déchets 'gênants' à vie longue.