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Critères d'appartenance à la lignée humaine

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La bipédie se caractérise par au moins deux éléments incontournables :

* la position de l'articulation du genou "verrouillée en extension" en position debout pour permettre l'alignement des os de la jambe et de la cuisse et soulager ainsi les muscles d'une bonne partie du poids du corps (pour se rendre compte de l'importance du phénomène, il suffit d'essayer de se tenir debout les genoux légèrement pliés... l'effort est vite insupportable). Ce genou comporte des modifications au niveau de l'articulation (cartilages et formes de os), des muscles et des tendons, jusque dans la composante de fibres élastiques qui différent chez l 'homme et le chimpanzé par exemple.

* en position de marche le centre de gravité passe sur la jambe d'appui, ce qui oblige à un déhanchement plus ou moins important en fonction de l'alignement du centre de gravité du corps et de l'angle de la cuisse par rapport au genou. Plus l'angle est réduit, plus le déhanchement est important. Il est quasiment nul chez le chimpanzé mais semble, du moins pour les reconstitutions proposées par Napier, avoir à peu près la même valeur pour certains australopithèques et pour l'homme. Certains auteurs pensent que le déhanchement des australopithèques était quasiment nul. Pour cette caractéristique le développement des muscles de la cuisse (muscles abducteurs glutéaux) est essentiel.

La forme des bassins - os iliaque (in Grassé, 1977) est un élément déterminant pour l'appréciation de la bipédie : l'allongement général et l'aspect robuste ou grêle , la position de l'articulation fémorale et la surface d'insertion des muscles fessiers capables de redresser le tronc par rapport aux membres inférieurs. De même, à droite, l'angle cuisse-axe du genou (in R. Lewin, 1991, modifié) est un élément déterminant pour l'appréciation du déhanchement lors de la marche.

 

La bipédie est le résultat del'évolution de très nombreux caractères anatomiques et physiologiques.

- trou occipital situé plus en avant révélant la position de la tête au dessus de la colonne vertébrale,
-colonne vertébrale en S
par incurvation de sa partie inférieure,
-pelvis raccourci et élargi,
-fémur plus incliné par rapport à un axe horizontal passant par la hanche,
- profonds remaniements musculaires et articulaires,
- irrigation des membres et de la partie supérieure du corps modifiée,
- aplatissement du pied avec position du gros orteil parallèle aux autres doigts.

Certains auteurs, au vu de la complexité et de l'harmonie de telles modifications préfèrent parler de tendance évolutive à la bipédie, dont certains traits peuvent être décelés, à différents moments, chez différents fossiles de la lignée des grands singes.

 

La mâchoire et les dents sont de loin les plus fréquents fossiles de Mammifères, aussi sont-elles très utilisées pour identifier le fossile.

Ceci est probablement du à la dureté des dents. La formule dentaire adulte est remarquablement homogène entre les grands singes et l'homme : 32 dents soit 2 incisives, une canine, deux prémolaires et trois molaires (une prémolaire supplémentaire par demie-mâchoire pour les singes du nouveau monde, soit 36 dents au total).

Quelques éléments simplifiés montrant que, si d'une part les dents sont en même nombre chez les hominidés, l'homme et les grands singes et superficiellement très voisines, elles sont d'autre part assez différentes quant à leur forme, leur disposition, leur âge d'apparition... il n'est pas toujours facile, quand on a une mâchoire fossile, de déterminer, en fonction d'un âge supposé, le type de dents, leur numérotation... et leur étude fonctionnelle arrive bien évidemment en dernier lieu. Vous noterez la mâchoire d'Australopithecus afarensis (Lucy ?), qui présente (flèches bleues) une barre entre les incisives et la canine, comme le chimpanzé. Par contre, comme chez l'homme, la première pré-molaire (PM1) sans présenter de tubercule, comme chez l'homme, n'a pas la caractéristique unicuspide (creux dans lequel vient se loger la canine), comme chez le singe.

Quatre principaux aspects de la dentition peuvent être examinés :

1) anatomiquement : la forme de la mâchoire, l'implantation des dents, leur nombre, position et forme (voir les documents ci-dessus et dessous). Du point de vue anatomique la denture des hominidés est très proche de celle de l'homme.

Vue basale des crânes d'un Chimpanzé,
d'un Paranthrope et d'un Homme actuel (in Grassé, 1977, modifié) permettant d'apprécier deux caractères essentiels observables sur les crânes bien conservés : la forme générale de la mâchoire et la position du trou occipital.

Les coupes au niveau des zones d'attachement des deux demi-mandibules (symphyses mandibulaires) montrent :

- en grisé, l'extension des racines des incisives et des canines, nettement plus importantes chez le Gorille que chez Homo sapiens et intermédiaire chez cet Homo erectus
- souligné en rouge la présence du menton chez le seul Homo sapiens. (in Grassé, 1977)

2) la succession des dentitions et leurs caractéristiques comparées : les données sont ici très hypothétiques pour les fossiles : voir schéma du haut sur les dentitions comparées du chimpanzé et de l'homme. On ne dispose bien évidemment pas de données directes concernant l'âge et l'ordre d'apparition des dents des hominidés fossiles, même si on a,par exemple, pu faire des radiographie de la mâchoire du "juvénile de Taung" et pu ainsi observer sa dentition définitive non encore visible.

3) les caractéristiques de la couche d'émail recouvrant les dents (épaisse ou mince essentiellement), qui a été très étudiée mais dont les interprétations sont très controversées. Par contre pour Homo l'épaisseur de l'émail est très nettement augmenté par rapport aux australopithèques.

4) la surface de l'émail dentaire a été aussi fort étudiée en microscopie électronique à balayage dans le but de retrouver des microtraces d'usure et d'approcher ainsi le régime alimentaire des hominidés. Les australopithèques semblaient être essentiellement frugivores alors que l'on observe une morphologie radicalement différente pour Homo avec des trous et des bosses qui semblent être intermédiaires entre les surfaces d'usure des dents d'une hyène (carnivore) et d'un porc (omnivore). Ces données sont bien sûr très fragmentaires et étudiés superficiellement mais elles ont pour but de montrer que l'étude des fossiles est toujours un travail très délicat, minutieux, et où les conclusions ne sont jamais définitives.

résumé du site http://pst.chez-tiscali.fr