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Génie
génétique, transgenèse
et thérapie génique
extrait du site http://georges.dolisi.free.fr/Microbio |
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Escherichia coli ou "Colibacille" est une bactérie habituellement présente dans le gros intestin et non pathogène. Elle peut cependant le devenir lorsqu'elle envahit les voies urinaires. Ce micro-organisme peut aussi vivre à l'état libre, en particulier dans les eaux. Évacué avec les selles, il circule dans les égouts et peut polluer les eaux qu'il rend non potables, voire impropres à la baignade. Des prélèvements réguliers sont effectués dans les piscines et au niveau des plages pour détecter sa concentration.
UN
ÉTONNANT POUVOIR DE SYNTHÈSE
Escherichia
coli mesure environ 2µ (microns
ou micromètres) et pèse 10-12 g. C'est une cellule sans noyau
véritable, mais possédant tous les éléments nécessaires à la synthèse des protéines,
c'est-à-dire un chromosome de 1 mm de long, comportant environ 4 000 gènes et
de nombreux ribosomes (*) dans le cytoplasme.
Dans les
conditions optimales, chaque cellule se divise en 2 toutes les 20 minutes
environ. C'est ainsi qu'en moins de 2 jours, 1 seule bactérie pourrait produire,
si elle disposait d'une quantité suffisante de nourriture (...) une masse
de 6 x 1021 tonnes, égale à celle de la Terre
!
Calcul
:
·
En 1
heure, 1 bactérie donne 8 bactéries, soit 23 (3 divisions car 3 x 20
minutes)
·
En 1
jour : 23 x 24, soit 272 bactéries
·
En 2
jours : 272 + 72 = 2144 bactéries, ayant chacune une masse
de 10-12g
·
Masse
des bactéries produites en 2 jours : 2,23 x 1043 (nombre) x
10-12 = 2,23 x 1031 g
·
Soit
2,23 x 1025 tonnes (masse de la Terre : 6 x
1021tonnes)
|
|
| Population d'Escherichia coli | Escherichia coli en division |
TRANSFERT DE GÈNE CHEZ ESCHERICHIA COLI
Le génie
génétique (ou recombinaison génétique, ou transgenèse) est né vers 1974, avec la découverte
d'enzymes capables de couper l'A.D.N. en des endroits précis : les enzymes
de restriction. D'autres enzymes, des ligases, permettent au contraire de "recoller"
les morceaux.
Il
devenait ainsi possible d'introduire des gènes humains dans l'A.D.N.
d'Escherichia coli en utilisant comme vecteur des plasmides (*) recombinés
isolés, ou des bactériophages (*).
|
Cet
A.D.N. recombiné étant ensuite reproduit par la bactérie, on obtient un grand
nombre de copies du gène étranger intéressant. Le gène est "cloné". Il faut ensuite que ce gène s'exprime pour
qu'il produise la protéine intéressante, ce qui a nécessité la maîtrise de
nombreuses difficultés.
Exemples : pour
lutter contre le nanisme, l'hormone hypophysaire
de croissance (STH ou hormone
somatotrope) est produite par génie génétique puis extraite des bactéries
par choc osmotique. De
nombreuses autres substances sont ainsi fabriquées : insuline (hormone hypoglycémiante
pancréatique), facteurs de coagulation (pour les hémophiles),
interféron (substance antivirale), vaccin de
l'hépatite B ...
* Ribosomes : organites
cytoplasmiques constitués de protéines et d'acide ribonucléique (ARN), au niveau
desquels s'effectue la synthèse des protéines à partir des acides aminés du
cytoplasme et en fonction de l'information apportée par l' ARN messager
synthétisé dans le noyau.
* Plasmide : petit chromosome
circulaire.
* Bactériophage : virus se comportant en parasite de bactéries.
TRANSFERT
DE GÈNE CHEZ DES ÊTRES PLURICELLULAIRES
La technique
de transgenèse décrite ci-dessus pour les bactéries, ne s'applique pas aux animaux
et aux végétaux pluricellulaires. Les chercheurs ont été amenés à trouver des
moyens différents pour faire pénétrer le ou les transgènes dans les cellules
de ces êtres pluricellulaires. Plusieurs techniques existent qui varient selon
les cellules auxquelles sont destinées les transgènes :
A - Transgenèse végétale
Une méthode qui ressemble, dans sa première phase, à celle décrite ci-dessus : le transgène est introduit dans un plasmide bactérien. Après mise en culture et multiplication des bactéries, leurs plasmides contenant l'ADN recombiné sont extraits et introduits dans les cellules (maïs par exemple) à l'aide d'un "canon à ADN". C'est un canon à particules qui projette des microbilles d'or ou de tungstène, enrobées d'ADN. On force ainsi l'ADN recombiné à traverser la membrane épaisse (pectocellulosique) des végétaux.
Pour de nombreux végétaux, le transgène est introduit dans un plasmide d'une bactérie du genre Agrobacterium qui possède un système naturel de transfert de gènes aux cellules végétales (propriété découverte dans les années 1960 par Georges MOREL et col. de l'INRA). Le plasmide de Agrobacterium transmet spontanément une partie de son plasmide : l'ADN-T, qui a la propriété de ne s'exprimer que dans la cellule végétale. En pratique, on supprime les gènes oncogènes (responsables de l'apparition de tumeurs) et on insère les transgènes dans le plasmide. Les Agrobacterium ainsi modifiées sont mises en culture avec les cellules végétales qui exprimeront les transgènes.
B - Transgenèse animale
La micro-injection de gènes : Les premières expériences de ce type ont été réalisées sur des œufs de souris, auxquels on a transféré le gène de l'hormone de croissance d'un rat ou d'un humain. La technique est représentée par le schéma ci-dessous. Les pourcentages d réussite (animaux qui possèdent le transgène dans toutes leurs cellules) est de l'ordre de 20 à 30% pour les souris. Il est bien moindre pour d'autres espèces sur lesquelles on a essayé la transgenèse.
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Transfert de gènes dans les gamètes : Cette méthode s'est montrée plutôt décevante : échecs avec les ovocytes et résultats inattendus avec les spermatozoïdes, qui semblent posséder un système propre à empêcher toute intrusion d'ADN étranger. Aujourd'hui, les travaux portent sur les cellules précurseurs des spermatozoïdes, c'est-à-dire sur les spermatogonies.
UNE APPLICATION INTÉRESSANTE : LA THÉRAPIE GÉNIQUE
La thérapie génique est l'utilisation d'un ou plusieurs gènes comme médicament, pour pallier la déficience d'un gène. Des essais ont été réalisés sur des volontaires atteints de mucoviscidose, mais les résultats ont été décevants. Aujourd'hui, on cible en plus d'autres maladies comme la myopathie, certains cancers, des maladies neurodégénératives (Parkinson par ex.). Les travaux portent sur la conception d'un vecteur efficace et inoffensif.
Principe de la méthode
On utilise des cellules spéciales modifiées, dites d'encapsidation qui, lorsqu'on leur introduit un virus vidé de son ADN ou ARN, reproduisent fidèlement la capside virale (c'est l'enveloppe du virus) vide.
En introduisant préalablement dans le virus une construction génique contenant le gène thérapeutique, la cellule d'encapsidation va reproduire des quantités de virus avec ce gène thérapeutique. On peut ensuite, selon les cas :
Les essais actuels utilisant un vecteur viral, portent essentiellement sur les cancers, les maladies dues à un seul gène déficient (mucoviscidose, myopathie ...), le SIDA et les anomalies du système vasculaire cardiaque. Il n'y a pas assez de recul pour faire un bilan de ces techniques, mais elles sont très prometteuses. Plusieurs équipes de chercheurs travaillent maintenant sur des chromosomes artificiels qui ont la propriété de s'insérer naturellement dans l'ADN de bactéries.