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4 avril 2007
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Tout d'abord, il semble bon de rappeler ce que sont climatologie et météorologie
que nous allons évoquer tout au long de ce rapport:
- La météorologie est l'étude et la prévision de phénomènes atmosphériques sur
de courtes périodes et pour des espaces géographiques précis. On ne peut pas
déterminer de façon fiable le temps qu'il fera au delà de quelques jours à cause
du caractère chaotique de l'atmosphère.
- La climatologie, quant à elle, étudie les familles de phénomènes météorologiques
capables d'affecter différentes régions sur des périodes de temps plus longues,
30ans ou plus. Elle nécessite pour cela l'utilisation des sciences de la nature
comme la géographie, la physique, la chimie, la géologie... Un climat du passé
est un paléoclimat.
Nous avons rencontré trois chercheurs travaillant au LSCE, à l'Orme des Merisiers.
Ils nous ont permis d'approfondir nos connaissances sur un thème que nous avons
étudié cette année (Évolution climatique passée et actuelle de la Terre)
et de comprendre la difficulté de modéliser l'évolution
climatique pour prévoir le climat futur.
=> Mathieu LABONNE travaille sur le suivi par satellites
de l'évolution de la météo.
=> Jean-Daniel PARIS étudie l'effet de serre en s'intéressant particulièrement
au cycle du carbone .
=> Didier PAILLARD nous a parlé de paléoclimats .

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Le modèle météorologique part d'observations précises pour calculer l'évolution à court terme de la météo. A cause du caractère chaotique créé par l'abondance de facteurs en cause, au delà d'un certain laps de temps le modèle perd son efficacité. Les facteurs modifiant la météo sont le plus souvent des gaz dus aux éruptions volcaniques comme le Pinatubo ou des aérosols, des gaz et des poussières provenant de violents feux de forêt. Les aérosols sont des petites particules en suspension dans l'atmosphère qui sont visibles contrairement aux gaz. Les gouttes d'eau ou les paillettes de glace qui constituent les nuages en font parti, de même que les fumées avec cendres des incendies de forêts, les particules de sel provenant des embruns marins ou les poussières soulevées par le vent du désert.
Mathieu LABONNE, le chercheur que nous avons rencontré, a pu observer que de nombreuses régions de la terre brûlaient chaque été, que se soit à cause du brûlis (technique agricole du Brésil et du sud de l'Afrique qui consiste a brûler les terres après la récolte pour créer des engrais minéraux sur le sol) ou des feux spontanés (Portugal). Les cendres qui en résultent restent en suspension dans l'atmosphère et sont transportées par les vents.![]() |
Par exemple, le déplacement et l'altitude du panache de poussières
est très visible sur ce relevé. Colored composition of POLDER 1 data showing a plume of desertic aerosols over the Western coast of Africa. 1997, 29 May (Source : LSCE) |
Le GIEC, Groupe Intergouvernemental d'Experts sur l'évolution du Climat
est un organisme créé en 1988 par le Programme des Nations Unies pour l'environnement
et l'Organisation météorologique mondiale. Le GIEC se réunit tous les 5 ans
et regroupe un nombre important de chercheurs des domaines liés à l'étude climatique.
Son rapport de 1995 notait une incidence humaine perceptible sur le climat mondial.
Le rapport de 2007 est un pavé de 800pages confirmant l'importance de
l'activité humaine dans le réchauffement climatique et l'urgence
de diminuer les émissions de CO2. Il constitue
entre autres une base de données : images prises par des satellites, moyenne
annuelle de l'évolution de divers forçages radiatifs de l'action de l'homme
(en W/m²), gaz a effet de serre: H2O, CO2,
CH4...
Les
gaz à effet de serre sont bien mélangés car le temps de résidence dans l'atmosphère
est long. Une mesure par bande de latitude suffit à connaître leur migration.
L'ozone troposphérique qui a un temps de résidence plus court n'a pas le temps
de s'éloigner autant de ses sources. Les aérosols, qu'ils soient terrigènes
ou carbonés, ne voyagent pas beaucoup avant que la plus grande partie en ait
été éliminée de l'atmosphère. Ils sont à mesurer au voisinage de chaque
source.
2) Étude du cycle du carbone, effet de serre et modélisation de l'évolution climatique
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Jean-Daniel PARIS étudie les variations du cycle du carbone
pour évaluer l'importance de la présence du CO2
dans l'atmosphère.
On trouve du carbone sous ses différents états dans quatre réservoirs principaux: hydrosphère, lithosphère, biosphère, atmosphère. Les échanges entres ces réservoirs se font par photosynthèse, respiration, fermentation, combustion, sublimation, dilution... Certains échanges sont plus longs que d'autres: le carbone est très lentement stocké à long terme dans la lithosphère sous forme de roches carbonées (pétrole) ou carbonatées (calcaire) mais la combustion du pétrole dégage très rapidement une très grande quantité de CO2. |
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En
1958, David Keeling a réussi à mesurer les concentrations
en CO2 passant de 310ppm (partie par million) à
330ppm, signe d'une reprise d'activité volcanique du Mauna Loa.
C'est après ses travaux que la concentration en CO2
atmosphérique a été régulièrement mesurée
un peu partout dans le monde. |
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L'été, la quantité de CO2 atmosphérique
diminue car les arbres et le phytoplancton réalisent une importante
photosynthèse: l'énergie lumineuse transformée en énergie
chimique réduit le CO2 en composés glucidiques. |
Mais actuellement notre planète n'arrive pas à réabsorber
tout le CO2 que nous émettons par les industries,
la circulation, le chauffage individuel. Les forêts dont la superficie diminue
absorbent de moins en moins de CO2, tandis que la combustion
d'énergie fossile augmente. Il serait plus logique d'utiliser l'énergie
issue de la biomasse car le dégagement de CO2
par combustion serait équilibré par l'absorption de CO2
au cours de la photosynthèse qui a créé cette biomasse.
En un siècle et demi, l'Homme a réinjecté dans l'atmosphère 300milliards de
tonnes de carbone sous forme de CO2. Les mesures montrent
que 50% du CO2 reste dans l'atmosphère or lorsque la
quantité de CO2 augmente, la température globale terrestre
augmente aussi. Les pays qui ont refusé le protocole de KYOTO estiment qu'il
doit être adapté en fonctions des hectares de forêt qu'ils possèdent
or les forêts sont plus ou moins performantes, la forêt sibérienne absorbe
plus que celles des USA contrairement à ce qu'affirment les américains.
De plus les forêts ne réalisent que 47% de la photosynthèse, le
reste étant effectué par les végétaux aquatiques.
Enfin, il n'y a pas que le dégagement de CO2 par
combustion, on l'utilise aussi dans les bombes à aérosol en remplacement
des CFC (ChloroFluoroCarbone) qui détruisaient la couche d'ozone : un
facteur de plus à prendre en compte.
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Il existe différentes méthodes pour analyser l'air. Il est possible de
le faire en extérieur avec les bons instruments ou alors de remplir
des flacons de gaz à différents endroits puis de l'analyser dans les laboratoires.
Le prélèvement d'air se fait par l'intermédiaire de flacons qui s'ouvrent aux deux bouts et peuvent être fermés hermétiquement, comme ceux alignés sur cette table. |
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Ensuite, l'analyse de ces gaz est poursuivie avec un
spectromètre de masse qui sépare les isotopes, éléments chimiques
existant à l’état naturel sous des formes voisines.
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3) Étude des paléoclimats
On pourrait se demander si l'augmentation rapide de température, observée
depuis environ un siècle, est totalement due aux activités humaines ou si elle
est en partie une étape de variations cycliques du climat. Pour répondre,
Didier PAILLARD s'appuie sur l'étude des paléoclimats.
Les indices géologiques témoignent du climat prédominant à l'époque de
leur archivage. Le climat varie cycliquement depuis la formation de la Terre,
avec une alternance de périodes chaudes interglaciaires et de périodes froides
glaciaires.
Les chercheurs ont pu déterminer ces alternances de périodes glaciaires
et interglaciaires grâce à l'étude de carottes de glace polaire ou de glacier
d'altitude, de sédiments avec fossiles (coraux et grains de pollen sont des
fossiles de faciès) et même de peintures découvertes sur des murs de
grottes préhistoriques. En effet nous avons pu voir des diapositives d'une grotte
au Sahara dans laquelle des hippopotames étaient peints sur les parois (il y
avait donc de l'eau!) ou d'une grotte prés de Marseille se situant actuellement
sous l'eau où des pingouins étaient peint sur les parois (le climat
a été froid et le niveau de la mer moins élevé, les calottes polaires étant
plus importantes).
Les carottes de glace sont efficaces pour déterminer le climat passé, cependant
l'exploitation des carottes arctiques est limitée car la glace la plus vieille
n'a que quelques milliers d'années.
Dans l'hémisphère Nord, les continents prédominent, entourant l'océan arctique.
Dans l'hémisphère Sud, les continents n'occupent qu'une très faible surface,
les océans encerclent le pôle antarctique continental. Une glaciation
débutera évidemment sur les continents, dont l'inertie thermique est plus faible
que celle de l'océan, et donc dans l'hémisphère Nord. Si les conditions de précipitation
et d'ensoleillement sont telles que la neige tombée en hiver ne fonde pas l'été,
la neige pourra s'accumuler et se transformer en glace. De telles conditions
requièrent une saisonnalité peu contrastée avec un hiver humide, donc pas trop
froid, et un été frais.
C'est là qu'intervient la position de la Terre par rapport au Soleil. La Terre
décrit une ellipse dont le Soleil est à l'un des foyers. La Terre est soumise
à l'attraction du Soleil, mais aussi des autres planètes du système solaire,
ce qui a pour effet de déformer sa trajectoire faisant varier la répartition
saisonnière de l'insolation.
Trois types de modifications affectent la position de la Terre
par rapport au Soleil:
Or, d'après les paramètres orbitaux, nous serions plutôt
en début de période glaciaire avec une température qui
devrait baisser selon l'indice isotopique de l'oxygène!
Ces paramètres contrôlent la périodicité de la Terre, mais seuls, ils ne suffisent
pas à expliquer les cycles climatiques. Ceux-ci sont accentués par d'autres
facteurs comme l'albédo, la concentration atmosphérique en gaz
à effet de serre sur laquelle influent les fonctions biologiques comme
la respiration ou la photosynthèse donc les variations de concentration
de CO2 atmosphérique...
Si le climat change lentement, la végétation s'adapte et le cycle du carbone
évolue. Ainsi un réchauffement climatique stimule la photosynthèse
qui pompe le CO2 ce qui diminue le réchauffement.
A l'inverse: plus il neige, plus le climat se refroidit car l'énergie
solaire est réfléchie par le fort albédo de la neige est
forte et d'autant plus renvoyée que la surface terrestre blanchie est
importante!
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Augmentation rapide et importante de la température depuis le début du XXe siècle, particulièrement depuis 1970. Encyclopédie Wikipedia |
A partir des informations tirées des images satellites, des renseignements
apportés par l'étude du cycle du carbone et des paléoclimats, des chercheurs
tentent de modéliser le climat actuel pour prévoir le climat futur.
Un modèle de climat se compose d'un modèle physique plaqué sur une grille horizontale
et verticale adaptée à la résolution numérique des équations du système climatique.
Il doit prendre en compte tous les compartiments : atmosphère, océans, continents,
avec leurs composantes propres. Il faut lui prescrire les perturbations apportées
par l'activité humaine de façon à ce qu'il puisse faire interagir
tous ces facteurs. Une des grosses difficultés est la comparaison de
phénomènes agissant à l'échelle des temps biologique
(jour, année)ou géologique (million, milliard d'années),
selon le facteur pris en compte. Une variation, même minime, des conditions
atmosphériques initiales peut modifier fortement l'évolution à venir, la modélisation
doit tenir compte de cet effet "aile de papillon".
En conclusion, cette visite nous a offert la possibilité de découvrir des laboratoires
et de confronter à la réalité, les images que nous avions de la recherche scientifique.
Nous avons pu voir, quels étaient les activités exercés par les ingénieurs et
les scientifiques qui travaillent sur l'étude du climat afin de le modéliser
et de voir les conséquences que cela peut avoir dans le futur.
Quant à nous, tout ce que nous pouvons faire à notre petite échelle
individuelle, peut paraître infime, mais répété un très grand nombre
de fois, cette action peut s'avérer importante à l'échelle de la terre!