|
École Energie renouvelable et Article de Francis Gouge paru dans |
Les paris de la première école "zéro énergie" en France
Limeil-Brévannes (Val-de-Marne) va construire le premier groupe scolaire français
"zéro énergie", dont le but est de produire autant - voire plus - d'énergie
qu'il n'en consommera.
"C'est le projet le plus avancé en France", selon Alain Bornarel, du
bureau d'études techniques Tribu, spécialisé en haute qualité environnementale
(HQE).
"Cette réalisation fera date. Ce sera une référence", renchérit Hubert
Pénicaud, architecte, ingénieur, spécialiste des problèmes d'énergie.
Le futur groupe scolaire, conçu par les frères Serge et Lipa Goldstein, offrira,
sur deux niveaux, 5 classes de maternelle et 7 classes de primaire. Pour arriver
à l'objectif fixé, il lui faudra non seulement produire son énergie mais surtout
réduire ses consommations de façon drastique. Le gros du gain passe donc par
une très forte isolation et par une gestion optimale de l'énergie.
Verrières et capteurs
Les classes, largement vitrées, profiteront au maximum de l'ensoleillement.
Les vitrages sont devenus si performants qu'ils laissent entrer davantage de
calories qu'ils n'en laissent sortir. L'épaisseur d'isolant, habituellement
de 8 à 10 cm, passera à 20 cm. Les ponts thermiques seront supprimés.
Grâce à ces précautions, les besoins de chauffage oscilleront entre 10 et 13
kW/h par m² et par an, contre 50 pour des bâtiments normaux. Une pompe à chaleur
puisant l'énergie dans le sol assurera la majeure partie du chauffage. L'eau
chaude sanitaire sera fournie pour les trois quarts par 30 m² de capteurs en
toiture, le reste étant électrique. Installés sur le toit, 650 m2 de panneaux
photovoltaïques fourniront l'électricité, dont la consommation (éclairage, ventilation,
ascenseurs, informatique, etc.) constitue le poste le plus difficilement compressible.
L'éclairage naturel sera optimisé. Ainsi, les couloirs, situés l'un au-dessus
de l'autre, seront transparents (verrière et dalles de verre), permettant à
la lumière zénithale de traverser le bâtiment de haut en bas. Des cellules photoélectriques
empêcheront d'allumer la lumière - ou l'éteindront automatiquement - si la luminosité
est jugée suffisante. Mieux, des graduateurs adapteront l'éclairage à l'intensité
lumineuse.
Dans les espaces fréquentés selon des horaires variables, comme la bibliothèque,
des capteurs de CO2 - que dégage notre corps - régleront l'aération en fonction
du nombre de personnes présentes. Les locaux occupés à des heures fixes, comme
les salles de classe, seront aérés par un système réglé sur une horloge.
Selon les saisons et l'humeur de la météo, l'école vendra ou achètera de l'électricité
à EDF. L'objectif, sur un an, étant qu'elle en produise autant qu'elle en consomme.
Le maire de Limeil-Brévannes, Joseph Rossignol, espère même qu'elle en fabriquera
davantage. Le simple équilibre rendra le groupe scolaire bénéficiaire. En effet,
EDF sera tenue de lui racheter le kW/h à 15 euros alors qu'elle le lui vendra
à 6 centimes. Le gain devrait atteindre 6 000 euros par an.
Si la commune se met à l'abri des augmentations tarifaires, elle ne s'enrichira
pas pour autant. En effet, les seules photopiles et leur installation coûteront
350 000 euros. Le coût des travaux tournera autour des 5millions d'euros dont
1,6million de surcoût par rapport à un bâtiment normal. Les premiers élèves
devraient arriver en septembre 2007.