Énergie
issue de la biomassepar Amine MOUAFIK, Solenne NEUILLY, William
PUEYO et Florent TEJON
(source : Comité de Liaison Energies Renouvelables ) |
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La biomasse (ensemble de la matière vivante) est une véritable réserve
d'énergie, stockée sous forme de matière organique renouvelée
chaque journée à partir de l'énergie solaire captée grâce
à la photosynthèse. Ainsi, la photosynthèse absorbe du gaz carbonique, consomme
de l'eau et rejette de l'oxygène.
L'avantage est que le soleil intermittent est ici stocké dans la masse végétale.
Son utilisation ne représente que 3% du bilan énergétique
européen en 2005.
Par contre, cette biomasse est surnommée "houille verte" car
c'est une matière à faible densité énergétique, l'eau contenue dans la
biomasse représentant environ 75% de son volume frais. C'est de plus
une grande consommatrice d'espace et d'eau. .
| Tant que le volume de bois prélevé ne dépasse pas l'accroissement naturel de la forêt, la ressource est préservée, on peut alors dire que le bois est une énergie renouvelable . Les énergies renouvelables (hors hydraulique) ont fourni à notre pays l'équivalent de 10millions de tonnes de pétrole, en 2004. Le bois en assure à lui seul 9millions, ce qui représente 4% de la production totale d'énergie. Ceci en fait la deuxième énergie renouvelable après l'hydraulique. Le problème est que je n'ai pas de cheminée, ni de place pour stocker le bois. En plus la fumée et le CO2 produits sont polluants. | ![]() |
| Pour les particuliers, il existe trois types de combustible : la bûche traditionnelle avec branchage et petit bois, le granulé de sciure avec copeaux compactés et le bois déchiqueté proprement en plaquettes. Son équivalence combustible montre que 10m3 de plaquettes ou 4m3 de granulés chauffe autant que 900 litres de fuel. | ![]() |
Biomasse à l'état liquide = biocarburants : (alcool, esters
et huiles végétales).
L’alcool, dit " bioéthanol ", est produit par la fermentation des sucres contenus
dans les plantes riches en sucre (betteraves, topinambours, canne à sucre...)
ou en amidon (pomme de terre, céréales) ou encore dans les plantes ligneuses
(bois, paille...). Le rendement énergétique est tout juste positif pour le bioéthanol
: 1.15 lorsqu'il est produit à partir du blé, 1.65 à partir de la betterave.
Ce rendement peut s'améliorer nettement si les sous-produits (paille de blé,
pulpes de betteraves) sont utilisés comme combustibles par exemple dans l'unité
de fabrication de l'éthanol. Au Brésil, depuis les années 70, une grande partie
du parc automobile (plusieurs millions de véhicules) est alimentée avec de l'éthanol
extrait de la canne à sucre.
Pour éliminer les difficultés techniques liées au stockage de l’éthanol, celui-ci
est converti par une réaction chimique en un éther dérivé de l’éthanol : l’ETBE
(éthyl-tertio-butyl-éther) qui est et réservé aux moteurs à essence. Les esters
sont issus du mélange avec un alcool d’huile de graines oléagineuses (obtenue
par pressage du colza et du tournesol) ou de betterave ou de blé. La réaction
obtenue produit un esther et de la glycérine. Cet esther est nommé " diester
" par contraction des mots diesel et esther.
Les huiles végétales sont obtenues par simple pression à froid et filtration
de graines oléagineuses (colza, tournesol, coprah, palme, soja, arachide). Une
tonne de graines de Colza fournit 0,3 tonne d’huile.
L’huile végétale brute (HVB) obtenue par pression à froid d’une tonne d’oléagineux
en graines (colza ou tournesol) permet d’obtenir : 600 kg de tourteaux gras
(destinés à l’alimentation du bétail) et 350 kg d’HVB (destinée au circuit alimentaire
ou à un usage énergétique). Les retours d’expérience indiquent qu’il est possible
de mettre 30% d’HVB dans les moteurs diesel à injection indirecte, et 5 à 10%
dans des moteurs diesel à injection directe, sans modification des moteurs.
Au-delà de ces valeurs, des modifications seront à apporter au système de distribution.
Le bilan carbone lié à la combustion de HVB est nul, voire négatif (moins de
CO2 restitué que de CO2 émis pour
la fabrication de l’HVB). L’expérience montre que l’utilisation d’HVB dans un
moteur diesel permet de réduire voir supprimer les émissions de particules,
réduit l’émission de SO2 (l’huile ne contient pas de
composés soufrés).
Pour remplacer le pétrole, l'impact des cultures nécessaires et des produits
de combustion doivent faire l'objet d'études attentives.
Biomasse à l'état gazeux = biogaz :
Il contribue pour 170 000 tep au bilan énergétique national avec une progression
annuelle de 15 à 20 % depuis l'an 2000.
La méthanisation est un phénomène biologique par lequel la matière organique
est transformée en biogaz, composé de méthane principalement, mais aussi de
gaz carbonique et de traces d'autres gaz (composés soufrés). Cette méthanisation
est réalisée par fermentation bactérienne en milieu sans oxygène.
Elle permet de transformer la matière organique facilement biodégradable, ce
qui évite les pollutions organiques et les odeurs. C'est ce qui se passe
naturellement au fond des mares vaseuses ou dans les rizières.
Industriellement, cette fermentation se fait en fermenteurs, réacteurs ou digesteurs.
Ce sont des cuves recouvertes d'un couvercle sous lequel s'accumule le biogaz
qu'on soutire au fur et à mesure qu'il est produit. Les proportions respectives
de méthane et de CO2 dépendent de la nature des matières
fermentées : boues de stations d’épuration urbaines (100 stations en France,
1/3 des boues produites) ; effluents industriels : papeteries, conserveries,
caves, brasseries... (80 installations) ; déchets organiques et assimilés (quelques
unités, plusieurs projets en cours) ; effluents ou sous-produits agricoles :
lisiers, fumiers, déchets d’ateliers de transformation... (quelques unités,
un potentiel de développement très important).
Le méthane doit être récupéré car c'est un
puissant gaz à effet de serre.
Son utilisation industrielle et commerciale est solidement établie pour : l’utilisation
directe en four, la production d’air chaud pour le séchage ; la production de
chaleur sous forme d’eau chaude ou de vapeur ; la production d’électricité par
moteur à gaz, turbine à vapeur, turbine à gaz ; la production combinée d’électricité
et de chaleur par cogénération.
D’autres filières sont en émergence : gaz naturel après épuration, électricité
produite par pile à combustible, froid par machine à absorption à gaz.
Le biogaz est aussi utilisable comme carburant automobile, après épuration et
compression aux normes du gaz naturel : il est identique au GNV (gaz naturel
pour véhicules).